Historique

Procès sous la Révolution

Durant les années 1793–1794, la guerre menace, le ravitaillement se fait rare, les prix augmentent. Les révolutionnaires durcissent leur politique : on réquisitionne les récoles, on confisque les biens. Les commissaires, chargés de la réquisition ont rencontré une forte résistance de la part des habitants d’Osmoy et de Saint-Martin-des-Champs.

Le Maire d’Osmoy, Jean PETIT, 49 ans, tonnelier de son métier, a refusé de donner les 80 sacs de farine que les commissaires réclamaient. Dans la bousculade, les commissaires ont dû partir précipitamment sous l’escorte de la gendarmerie.

Le représentant du peuple au comité de salut public fait alors arrêter une quinzaine de personnes et les envoie devant le tribunal révolutionnaire de Paris. Neuf de ces accusés sont condamnés à mort, dont M. Jean PETIT, maire d’Osmoy et M. Olivier MARTIN, maire de Saint-Martin-des-Champs. Leurs corps ont été inhumés dans le terrain de l’ancien cimetière de la Madeleine, situé rue d’Anjou, Faubourg Saint-Honoré à Paris.

Découvertes archéologiques

Lors d’une commission des antiquités et des arts du 18 juillet 1889, il était présenté l’inventaire des richesses d’art, et notamment concernant Osmoy :

« M. DE DION dit que dans les premiers jours du mois de juillet, il a été trouvé par M. Sédillot, maréchal à Flexanville, dans le champtier du Prieuré, près de celui de Morfondu, dans la commune d’Osmoy (canton de Houdan), un tombeau en maçonnerie, couvert d’une dalle de pierre blanche. Les os d’un grand squelette ont été dispersés.

M. Sédillot conserve une grande épée en fer qui était collée au fémur et qui a été brisée, un poignard en bronze et un pot de terre. Ces renseignements ont été donnés par M. Marais, agent d’assurances à Garancières. A la suite de cette communication, quelques membres font remarquer qu’on a déjà trouvé des sépultures antiques dans la commune d’OSMOY et qu’il serait à désirer que l’on y fît des fouilles qui, très vraisemblablement, ne seraient pas improductives. La Commission délègue à cet effet MM. FOURNEZ, GUËGAN et TOMAZI.

LE PASSÉ COMMUNAL D’OSMOY

L’ancien nom d’Osmoy en latin « Ulmus, Ulmidum, Ulmetum, Ormoy, Oulmoy » désigne un orme.

Au IXème siècle, Osmoy appartient à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés. La terre est donnée en 1149 par Guillaume de Méhéron à l’abbaye de Josaphat qui la conserve jusqu’à la révolution. Un prieuré de l’ordre de Saint­-Benoît, fondé au XIIème siècle et doté de 40 arpents de terre, relève aussi de l’abbaye de Josaphat.

14 février 1790 : formation de la municipalité

Le registre d’assemblée, après avoir inscrit les Droits de l’Homme, comporte l’élection du premier maire de la commune : Charles François JONOT.

L’évolution économique et démographique de la commune, au cours des XIXème et XXème siècles, est marquée par de profondes transformations. La vigne, qui est une activité essentielle, disparait complètement au XXème siècle. Une petite usine de peignes, unique production industrielle locale, disparait également. La main d’œuvre agricole est très limitée du fait de la mécanisation. L’augmentation sensible de la population résulte de migrations des villes vers les campagnes.

1830 : le Sous-Préfet de Mantes propose la réunion d’Osmoy à Saint-Martin-des-Champs, mais le Conseil Municipal s’y oppose énergiquement et le projet est abandonné. Aujourd’hui, si les deux communes conservent leur indépendance, il existe néanmoins une fusion sur le plan scolaire qui se traduit par une répartition des tâches.

Fin de l’an 1900 : les travaux d’adduction d’eau sont en cours : l’eau est dans les foyers mais pas encore dans la salle de bain. C’est l’eau de Perreuse qui est desservie. En 1961 : la Sablaise réalise le réseau d’eau qui ne sera plus dépendant du ru de la Perreuse. C’est à cette période que les habitants du Moutier ont l’eau courante. Jusqu’à cette date, les foyers du Moutier utilisaient l’eau au puits.

Novembre 1922 : le conseil municipal délibère : 1200 francs seront destinés aux dépenses d’installation de la lumière électrique, soit 5 lampes dans les rues d’Osmoy. En 1923 : la Société Agricole d’Electricité de la Région d’Orgerus réalise les travaux de distribution d’énergie électrique en basse tension.

 1955 : une cabine téléphonique est installée au café tabac se situant sur la place du Château. 1959 : la Mairie s’équipe : une ligne téléphonique y est installée.

LE PASSÉ RURAL  d’OSMOY

On retrouve, dans les archives départementales, une monographie écrite en 1899 par Ludovic PETIT, instituteur à Osmoy. Ce document était réalisé à la demande du Ministère de l’instruction et représentait, notamment, une photographie des villages.

Grâce à cette monographie, nous en savons plus sur la vie rurale de l’époque.

« Anciennement, Osmoy comptait 230 habitants, aujourd’hui il n’y en a plus que 160. Il a une superficie de 260 hectares dont 5 hectares en vignes, 3 en bois et le reste en terres labourables.

Le climat est sain et vigoureux. L’une des particularités du pays c’est d’être à l’abri des violents orages par suite des courants aériens produits par la forêt de Millemont située à 5 km au Sud.

On cultive principalement le blé, l’avoine et l’orge, on récolte aussi la betterave en assez grande quantité mais seulement pour la nourriture des bestiaux et principalement des vaches laitières car ici la production du lait est assez forte et l’aisance des cultivateurs est proportionnée à l’importance de la vacherie.

Il y a peu de prairies naturelles mais en revanche les prairies artificielles produisent beaucoup. Les grains sont vendus sur les marchés de Mantes et de Houdan, la paille de blé et le foin sont expédiés sur Paris et Versailles par la gare de Tacoignières qui est à 6 km d’Osmoy.

Malgré les grands rendements de la terre, si les cultivateurs se contentaient de récolter pour vendre, ils auraient bien du mal de réussir, aussi font-ils consommer chez eux le plus possible de leurs produits. Ce qui assurément leur donne davantage de bénéfices c’est l’élevage des poulets connus sous le nom de « poulets de Houdan » ; bon nombre de maîtresses de maison, naturellement les plus intelligentes et les plus travailleuses, paient entièrement le loyer de leur ferme avec le gain qu’elles retirent de leur élevage.

Ces poulets sont vendus sur les marchés de Houdan et de Mantes puis sont expédiés sur Paris, Rouen et même l’Angleterre. »